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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 14:23

Scaramouche est un personnage typique de la Comédia dell'Arte. Vantard, fanfaron et peureux, il rapelle le personnage du Capitan et il est donc normal qu'il inspira la littérature et surtout le cinéma.

Ecrit sous la plume de Rafael Sabatini,et publié en 1921,  "Scaramouche" se déroule lors de la Révolution française  Élevé dans l’ignorance de son rang, André-Louis Moreau, suite à la mortde son ami d’enfance Philippe de Vilmorin, tué en duel par le marquis de la Tour d’Azyr (à cause de ses idées réévolutionnaires), fait le serment de le venger. Devenu avocat, notre héros, dont les discours enflamment les foules devient un fugitif recherché. Sous le déguisement de Scaramouche, escrimeur redoutable devenu maître d’armes, et finalement député du Tiers-État, il assouvira sa vengeance contre le marquis de la Tour d'Azyr et découvrira enfin la véritable identité de ses parents...
S'il y eut deux versions relativement fidèles au roman (une de 1923 avec Ramon Navarro et l'autre de 1952 avec Stewart Granger), le personnage de Scaramouche apparaitra dans d'autres films (et pas forcément les meilleurs...comme nous le verrons ensuite!)

Scaramouche, 1923, réalisé par Rex Ingram, (USA), avec Ramon Navarro (André-Louis Moreau/Scaramouche), Lloyd Ingarahm (Quintin de Kercadiou), Alice Terry (Aline de Kerkadiou), Lewis Stone (Marquis de la Tour d’Azyr), John George (Polichinelle). Nous sommes durant la révolution française. Adopté très jeune par Quintin de Kercadiou, André-Louis Moreau décide de devenir avocat. Il éprouve aussi beaupoup d'amour pour la nièce de son père adoptif, la belle Aline, qui doit malheureusement épouser le marquis de la Tour d'Azyr, un homme aux moeurs plus que dépravées. Au cours d'un duel ce dernier tue le meilleur ami d'André-Louis, qui jure de le venger. Mais, poursuivi par la justice et les hommes du marquis, il doit se réfugier dans une troupe de théâtre ambulante, ou, sous le masque de Scaramouche, il pourra enfin assouvir sa vengeance.

A peine publié, le succès du livre est tel qu'il ne faut pas attendre longtemps pour que le cinéma transpose les aventures de "Scaramouche" sur les écrans. Voici donc la première version cinématographique, et certainement la plus fidèle du roman éponyme de Rafael Sabatini. La révolution française y est magnifiquement reconstituée avec  des décors fabuleux (des rues du Paris révolutionnaire furent ainsi entièrement re-construites, avec ses échoppes et ses petits métiers) ainsi qu'à travers des costumes absolument somptueux. Ramon Navrro, jeune et beau réfugié mexicain (il venait juste de fuir son pays, alors en pleine révolution) venait de se faire remarquer dans "Le prisonnier de Zenda" (autre rôle que reprendra Stewart Granger) du même réalisateur.

Son interprétation du jeune avocat qui devient un justicier masqué pour venger son meilleur ami démarre ainsi une carrière de héros qui n'aura rien à envier à Rudolph Valentino et Douglas Fairbanks. Le film dure plus de deux heures, ce qui est exceptionellement long pour un film à l'époque ( "La marque de Zorro" avec Fairbanks, pour comparaison, durait à peine 90 minutes et "Le Sheik" avec Rudolph Valentino, pas plus de 80 minutes).

A noter qu'il ne faut pas confondre le réalisateur, Rex Ingram avec l'acteur noir qui joua notamment dans "Le voleur de Bagdad" de Michael Powel (1940).



Scaramouche, 1952, réalisé par George Sidnay (Usa), avec Stewart Granger (André Moreau/Scaramouche), Eléonore Parker (Lénore), Janet Leigh (Aline de Gravillac de Bourbon), Mel Ferrer (Marquis de Maynes), Nina Foch (Marie Antoinette), Richard Anderson (Philippe de Vilmorin), Elisabeth Risdon (Isabelle de Vilmorin). A la veille de la révolution, la reine Marie Antoinette est l'objet de quolibets sulfureux à travers plusieurs  pamphlets  signés Marcus Brutus. Le marquis de Maynes, une des plus fines lames du royaume de France et cousin de la reine, jure de retrouver et de tuer de ses propres mains (qui ne le seront plus alors puisque entachées de sang) l'auteur des billets satiriques. Qui n'est autre que Philippe de Vilmorin, un jeune nobliaux idéaliste, qui comme son ami, André Moreau ne croit en rien sinon à l'amitié et l'amour. Le Marquis provoque de Vilmorin en duel et le tue. André jure alors de le venger mais il doit fuir les hommes de mains du marquis. Réfugié au sein d'une troupe de théatre, sous le déguisement de Scaramouche, il va apprendre à manier l'épée avnt d'affronter en duel le Marquis et pouvoir ainsi venger son ami.

De jeune avocat idéaliste, André Moreau devient libertin libertaire. Le Marquis de la Tour d'Azyr devientMarquis de Mayne et monte en grade puisqu'il devient carrément  le cousin et petit protégé de la reine Marie-Antoinette. Qui le somme d'ailleurs de se ranger des duels (après avoir finit ceui-qui la concerne, quand même) et d'épouser la belle Aline  dont Moreau tombe aussi amoureux avant de s'appercevoir qu'elle aussi une De Gravillac et de renoncer à cet amour car il croit etre le fils naturel du père d'Aline. On le voit, l'histoire a (quelquue peu) changé. Quelques noms aussi. Un personnage apparait, celui de Léonore, amoureuse de Scaramouche qui n'arrète pas de lui sauver la mise (et la vie) tout en sachant qu'il ne l'épousera jamais. La mort du meilleur ami d'André Moreau est due au fait qu'il s'est moqué ouvertement de la reine. Ce qui le rend d'emblée peu sympathique et finalement dessert un peu la vengeance de Scaramouche qui prend ainsi fait et cause pour un "voyou". Le film d'ailleurs s'en ressent un peu. Heureusement il reste le combat final entre Mel Ferrer et Stewart Granger pour sauver le film... Ce fameux  duel est considéré comme l'un des meilleurs du film de "cape et d'épée". C'est la plus longue scène d'escrime jamais portée à l'écran (6 minutes et 23 secondes). Tournée d'une seule traite, comportant près de 115 plans, elle est magnifiquement chorégraphiée et ne souffre d'aucun temps mort. Les deux acteurs suivirent d'ailleurs des leçons d'escrime pendant plus de cinq semaines avec le maître d'arme Jean Hereman (que Stewart Granger retrouvera sur le "Prisonnier de Zenda" peu de temps après).

Refusant d'être doublé, Stewart Granger pris de nombreux risques durant cette scène et finit même par se blesser en bondissant sur la rangée de sièges du théatre, ce qui nécéssita quelques pansements...Mel Ferrer ne fut pas en reste et lui donna quelque peu du fil a retordre lors des scènes de duel car, ancien danseur de music-hall, il était aussi très bon escrimeur. Entre eux, Janet Leigh et Eleonor Parker ont du mal  à faire vivre leurs personnages, pourtant eux aussi pleins de vigueur, de beauté et de sensualité...

Le rythme du film à un certain coté "comédie musicale" , pas forcément déplaisant,due certainement au fait que George Sidney en réalisa pas mal dans sa carrière, notamment "Ziegfeld folies" et "Show Boat". Tout semble chorégraphié au milimètre près (cascades, scènes de duel, poursuites équestres) avec une légèreté et une fluidité au niveau des mouvements de caméra absolument étonnantes. De plus l'humour est omniprésent, durat tout le film et les amateurs apprécieront partucilièrement la "chute" finale...ou apparait Bonaparte, dernier amant en date de Léonore. Une fin qui fut censurée en France jusque dans les années 70. Madame De Gaulle n'a pas aimé le clin d'oeil au petit caporal...?

Le film existe en DVD

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 13:07


Isabella, duchessa dei diavoli, (Isabelle, duchesse du diable),
1969, réalisé par Bruno Corbucci (Italie/Allemagne), avec Brigitte Skay (Isabelle de Frissac), Mimmo Palmara (Baron Erich von Nutter), Fred Williams (Gilbert de Villancourt), Elina De Witt (Nadia), Sal Borgese (Capo Zingaro), Mario Novelli (Mayer), Renato Baldini (Gunther), Thomas Astan (Kurt), Tino Scotti (Mélicourt). Nous sommes en France à la fin du XVIIè siécle. .. La France vit une époque politique et religieuse assez trouble, Henri IV vient juste d'être assassiné par Ravaillac et Marie de Médicis régente comme elle peut. Le Baron Eric von Nutter, militaire de renom mais comploteur hors pair, a décidé de s'approprier les terres du Duc de Frissac, son ennemi juré. Après avoir attaqué le chateau du Duc, et devant le refus du ce dernier de lui céder ses terres, il massacre tout le monde (coupe le nez et les oreilles du Duc, viole et étrangle la Duchesse, sodomise le fils et fait frire le poisson rouge, que sais-je  encore...) . Seule la très jeune fille du duc, Isabelle,  cachée sous son lit, a échappé au massacre, ainsi que le fidèle serviteur, Mélicourt (toujours). Ayant réussis à s'enfuir, ils sont accueillis par une troupes de bohémiens qui vont élever la fillette, puis, lui apprendre le maniement des armes. Devenue adulte, la jeune femme apprends par hasard qu'elle est de sang noble et que ses parents furent massacrés par l'infame Baron von Nutter. Elle n'aura de cesse de les venger, faisant ainsi passer au second plan l'amour que lui porte le beau et dévoué Gilbert de Villancourt.

"Isabelle Duchesse du Diable » est l’’adaptation très fidèle (on croirait un copié/collé, un peu comme le "Barbarella" de Roger Vadim)  du premier fumetti érotique italien, créé par Renzo Barbieri et Giorgio Cavedon (pour les textes) et Sandro Angiolini (pour les dessins) en 1966.

La bande déssinée est (plus que très) largement inspirée du personnage d’Angélique de Sancé de Monteloup, que nous connaissons surtout sous le nom d' Angélique Marquise des Anges, créée par Anne et Serge Golon, dont les premières aventures écrites datent de 1957 et qui connaitront surtout la gloire au cinéma dès 1964, et ce jusqu’en 1967, fin de la série et immortalisé par la divine Michèle Mercier.

Comme Angéliqe était la Marquises des Anges, il était normal que cette Isabelle, pour la concurencer devienne la Duchesse du Diable.... Car, si Angélique n'était que pureté et douceur (elle n'aime que son mari,Joffrrreeeeyyyyy,  ne couche que pour sauver sa vie, et tout ceux qui couchent avec elle, meurent ensuite...),  Isabelle, elle,  a le "vice dans la peau". Elle se donne beaucoup plus volontiers et, 69 étant l'année érotique par excellence,  ne refuse pas les amitiés féminines... histoire d'attirer le plus grand nombre de public masculin! D'ailleurs Isabelle, dès qu'elle est habillée, porte le plus souvent la culotte et se bat comme un homme. C'est Brigitte Skay, toute de cuir vétue, qui interprète cette aventurière hors du commun, son seul grand rôle cinématographique peut-être si l'on excepte celui de Brunhilda dans le célébrissime giallo  "La baie sanglante" de Mario Bava, ou elle se faisait égorger à la serpette tandis qu'elle courait toute nue sur le gazon...

A ses cotés, l'on reconnait Sal Borgese, le roi du polar italien, Mimmo Palmara, le roi du péplum et surtout Fred Williams, le roi de la série B ibérique. Isabelle duchesse du diable est un  film d'aventure typiquement "sixties", très agéable a voir ou à revoir.
 
Ruggero Deodato fit lui aussi une adaptation de la bande déssinée de Sandro Angiolini, qui s'appellait "Zenabel" (en 1969 aussi) avec une certaine Lucretia Love (un pseudo?) dans le role titre. Mais personne ou presque ne se souvient de ce navet...

le film existe en VHS et en DVD

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 17:43

Le sette spade del vendicatore (7 épées pour le roi ), 1962, réalisé par Ricardo freda (Italie/Espagne), avec Brett Halsey (Don Carlos de Bazan), Béatrice Altariba (Isabelle Médina), Guilio Bosetti (Duc de Savedra), Gabriele Antonini (le roi Philippe II), Gabriele Tinti (Corvo), Mario Scaccia (le cardinal), Stany Alberto Sorrentino (Sancho), Jacopo Tecchio (l'intendant du Duc de Savedra). Nous sommes au 16è siècle et la France et l'Espagne ne sont pas vraiment en bons termes. Le jeune comte Don Carlos de Bazan vient d'etre victime d'un attentat et laissé pour mort alors qu'il rejoignait sa famille après avoir brillament servi son roi à la guerre. Remis sur pied par son fidele serviteur Sancho, il apprends que son père est mort (assassiné) et que ses terres sont devenues, comme le veut la loi, propriétés de son cousin le duc de Savedra, pisque tout le monde le croyait mort. Se rendant à Lerida pour réclamer son héritage à son cousin, il vole au secours d'une jolie femme attaquées par des brigands. Il croisera de nouveau la belle Isabelle, dans une auberge, mais elle s'enfuiera apres qu'ils aient fait l'amour. Une fois rendu auprès de son cousin, Don Carlos s'apperçoit que ce dernier a fait assassiner son père et qu'il est à l'origine de l'attaque qui a failli lui couter la vie. En effet, le duc complote contre le roi Philippe II qu'il a l'intention de destituer de son trone lorsqu'il passera au chateau des Bazan. Comme le chateau ne lui appartient plus, le duc s'arrange pour que don Carlos épouse Isabelle, dont il est tombé amoureux, mais qui en fait est à sa solde, , puis le fait condamner à mort en faisant croire qu'il a assassiné un ministre, alors que c'est son ame damnée de serviteur, le fourbe Corvo, qui est le véritable assassin. Mais don Carlos réussit à s'évader juste avant d'etre fusillé et rejoint une confrérie secrète de 6 hommes (dirigée par le bchef des brigands qui n'en est pas vraiment un, brigand!) qui ont juré de proteger le roi. 7 épées seront-elles suffisantes pour lutter contre l'armée du duc et sauver Philippe II qui préfère trousser les fermières dans le foin plutôt que de s'occupper de gouverner le royaume...


On ne présente plus Riccardo, le roi du film d'aventures made in Cinecitta qui nous fit réver dans les années 50 avec les aventures de Maciste, l'homme le plus fort du monde ou de Coplan, l'espion qui tire plus vite que l'ombre de son ennemi. Hélas, cette adaptation non reconnue du "Ruy Blas" de Victor Hugo n'est vraiment pas son meilleur film... Le choix des acteurs déja... Quelle "mouche" a t'elle pu bien piquer Riccardo Freda pour lui faire choisir  Brett Halsey ("La mouche", "le retour de la mouche") afin d'interpréter don Carlos de Bazan. Brett Hasley est un acteur qui n'a en tout que deux expression faciales: "je suis beau" et "je suis très beau"... Ce qui limite considérablement son jeu, car comme il n'est pas doué pour l'escrime, on ne peut pas dire qu'il brille plus dans les scènes de bagarres que dans les scènes ou il a quelques mots à dire ! Le mieux est quand il est attaché et baillonné mais hélas, cela ne dure jamais très longtemps...

Idem pour Béatrice Altariba à qui Pierre Brasseur venait juste de soigner son acnée dans "les yeux sans visages" et dont la nouvelle crème anti-ride devait être une sacrée glue tellement elle garde le même sourire figé du début à la fin du film. Comme on ne peut pas se projeter dans les héros, on essaye alors de se rapprocher des méchants. On retrouve Gabriele Tinti, spécialiste des séries B et toujours aussi éfficaces dans les seconds rôles de salauds. Guilio Bosetti est, lui aussi, excellent dans le rôle du Duc félon qui tente de destituer le roi Philippe II. On retiendra particulièrement les deux scènes du dongeon des tortures (qui en fait se trouve à la cave...), la première ou il enferme dans une cage son dévoué intendant et le plonge vivant dans un bassin remplit de pirahnas, ce juste pour montrer à don Carlos ce qui va lui arriver. Et la scène finale ou don Carlos et le duc se battent à l'épée dans cette même salle de torture et ou le duc essaye par tous les moyens de tuer son rival en le faisant passer à travers tous les instruments de morts se trouvant à sa disposition (un véritable catalogue en couleur et en 3D pour fétichistes sado-maso). "7 épées pour le roi" fait partie de ces petits films d'aventures de série B qu'il était bien agréable d'aller voir le jeudi après midi au cinéma du quartier en première partie de programme (je que dans les années 60, le jour de repos des élèves était non pas le mercredi mais le jeudi...) et ce, malgré tous ses défauts... Et, qu'il est toujours agréable de regarder de nos jours à la télé (il passait dernièrement sur Ciné Cinéma) avant que de s'offir le DVD s'il sort un jour...

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