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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 10:35


Quand on parle de vengeur masqué, on pense tout de suite à Zorro le renard. Mais ne nous voilons pas la face,  il ne fut pas le seul et beaucoup d'autres justiciers (et justicières) vont ici tomber le masque...

 
La Tulipe noire (1964), réalisé par Christian Jacque (France/Italie), avec Alain Delon (Julien de Saint-Preux/ Guillaume de Saint-Preux), Virna Lisi (Caroline Plantin), Francis Blanche (Plantin), Adolfo Marsillach (Baron Lamouche), Dawn Addams (Marquise Catherine de Vigogne), Akim Tamiroff (Marquis de Vigogne), Georges Rigaud (Chef de la police), Robert Manuel (Prince de Grasillac) Laura Valenzula (Lisette). Nous sommes en France, à la veille de la révolution. Une grande partie de la noblesse du Roussillon se voit régulièrement détroussée par une sorte de Robin des Bois masqué que l'on surnomme "La Tulipe noire" et qui agit au nom du peuple afin de rendre à celui-ci ce que la noblesse lui a volé. Le fourbe baron Lamouche soupçonne Guillaume de Saint-Preux, un jeune nobliaux arrogant d'être ce bandit de grand chemin et, affin de le confondre, le marque d'une balafre à la joue. Mais, ce que le baron ne sait pas, c'est que Saint-Preux possède un frère jumeau, Julien. Celui-ci va tenir le rôle de son frère dans la société tandis que Guillaume va continuer sa lutte clandestine. Hélas, les désirs de changer la société des deux frères ne vont pas dans la même direction. Julien, dont la sympathie va aux insurgés veut déjouer les intrigues du Prince de Grasillac qui veut monter à Paris pour réprimer le peuple, aidé en cela par Caroline sa fiancée et Plantin son "futur" beau-père. Guillaume, lui, n'entends incarner "La Tulipe noire" que pour ses seuls intérêts. Leur propre conflit va t'il les mener à leurs pertes?

 
Au début des années 60, le cinémad'aventure dit de "Cape et d'épées" avait le vent en poupe. Jean Marais en était un des plus beaux fleurons (et fleuret) et triomphait dans des films comme "Le Bossu", "Le capitaine Fracasse", Le Masque de fer", "le Capitan", tous adaptés de chefs d'oeuvre de la littérature populaire.

Ayant eu son heure de gloire avec "Fanfan la Tulipe", le réalisateur Christian Jacque voulait revenir à un cinéma plus viril, en ayant sans doute assez de tourner de somptueuses bleuettes à l'eau de rose sur les grandes amoureuses de l'histoire de France (et d'italie) "Caroline Chérie", "Madame DuBarry","Lucrèce Borgia", "Nana" et autres "Madame Sans-Gène" et profiter en même temps d'un filon facile: le film d'action.

 Alain Delon, qui lui sort de grands succès "intellos" ("Rocco et ses frères, "L'aventura") rève aussi d'un cinéma plus facile, plus proche du public, comme vient de le faire son grand "rival" Jean-Paul Belmondo dans "Cartouche" de Philippe de Broca. Il aimerait bien incarner un héros comme Zorro, qui connut un immense succès à la télévision avec le feuilletton de Walt Disney. Malheureusement l'Italie - et l'Espagne-  voguaient déja énormément sur le phénomène "Zorro" au début des années 60 (pas moins de 7 films en 4 ans dont ""Zorro contre Maciste", "Zorro à la cour d'Espagne", "Zorro et les trois mousquetaires", "La fille de Zorro") ce qui conduisit Christian-Jacque et son fidèle scénariste Henri Jeanson à se retourner vers un héros plus "classique".

 Le choix se porte sur "La Tulipe noire" d'Alexandre Dumas, dont en fait ils ne gardèrent que le titre, trouvant décidément qu'il ne se passait pas grand chose d'intéressant dans le roman... Jeanson transforme totalement le récit original de Dumas, (En 1672,les hollandais renversent la république des frères de Witt pour donner le pouvoir à Guillaume II d'Orange, tandis que pendant ce temps, Cornélius van Baêrle,  filleul de Corneille de Wilt  tente de  déjouer moultes complots visant à l'empécher de fabriquer une tulipe noire pour laquelle la Société horticole de Haarlem a promis une récompense de cent mille florins), inventant donc cette histoire de justicier masqué - mi Zorro, mi Robin des Bois -  en greffant par dessus l'histoire de jumeaux aux idées complètement opposées qui luttent malgré tout contre le même ennemi. Très à l'aise dans ce double rôle, Alain Delon explose littéralement l'écran, qu'il soit l'intrépide et arrogant justicier masqué ou  son timide et timorré jumeau. Le casting internationnal ne le dessert pas au contraire. On lui offre comme partenaires féminines les très belles et talentueuses Virna Lisi et Dawn Addams et comme faire valoir un Francis Blanche au meilleur de sa forme. Le public ne s'y trompa pas et le film connut un immense succès (plus de 3 millions d'entréée). Preuve en est, il repasse régulièrement à la télévision.
 
Le film existe en DVD mais ne pas le confondre avec ceux du dessin animé portant le même nom

Quelques années plus tard, Delon incarnera de nouveau un justicier masqué, cette fois-ci Zorro lui même.

Zorro,   1975, réalisé par Duccio Tessari (France/Italie), avec Alain Delon (Don Diego/Miguel de la Serna, le faux/Zorro), Ottavia Piccolo (Comtesse Ortensia Pulido), Enzio Cerusico (Joaquim), Moustache (Sergent Garcia), Giacomo Rossi Stuart (Fritz von Merkel), Stanley Baker (colonel Huerta), Giampiero Albertini (Frère Francisco), Marino Masé (Miguel de la Serna, le vrai), Raika Juri (Senorina de la Serna), Adriana Asti (tante Carmen). Alors qu'il allait prendre ses fonctions de gouverneur de la province de Nuevo Aragon, Miguel de la Serna est assassiné dans une auberge par les hommes de main de l'infame colonel Huerta, un militaire vil et corrompu qui exploite et terrorise la population. Don Diego, ami d'enfance de Miguel, jure de le venger et pour cela, endosse alors son identité. Mais,  afin d'éviter de nouvelles tentatives d'assassinat, ile se fait passer pour quelqu'un de pleutre et couard. Pendant ce temps, sous le déguisement de Zorro, le justicier masqué, il met à mal chaque tentative du colonel de s'enrichir sur le dos de la population. Aidé par la belle comtesse Hortensia, secrètement amoureuse du justicier masqué, et du père Francesco. Tout cela jusqu'à l'affrontement final entre Diego (finalement démasqué) et le colonel de la Huerta. Un duel dont l'issue devra être la mort de l'un des deux adversaires...

 
N'étant pas acteur à se cantonner dans une seule catégorie de rôles, Alain Delon décide de faire plaisir à son fils, Anthony, et de jouer dans un film de cape et d'épées. Genre dans lequel il n'avait plus tourné depuis uhe bonne dizaine d'années, depuis le film de Christian Jacque "la Tulipe noire". Et, lui revient en mémoire un héros qu'il révait alors d'incarner, le fameux Zorro. Une  coproduction Franco-Italienne se met alors en place, car cela coute quand même bien moins cher, à l'époque, de tourner avec des équipes de techniciens italiens... Hélas qui dit manque de moyens dit parfois manque d'ambitions...Le scénariste Giorgio Arlorio fut sans doute été très influencé par le feuilletton de Walt Disney, à tel  point qu'il lui emprunte sans vergogne les personnages du valet muet et du sergent Garcia, qui ne figurent pas dans le roman original de Johnston McCulley...

Mais à part cela, on ne peut pas dire qu'il fasse preuve de beaucoup de génie dans le déroulement du scénario qui reste sans surprise. Coté acteurs aussi on joue le bon marché: Ottavia Piccolo (connue en france depuis qu'elle a tourné avec Delon dans "La veuve Couderc") et Giacomo Rossi-Stuart (honnête acteur de séries B italiennes du genre westerns spaghettis ou gialli), l'acteur comique français Moustache (uniquement pour sa ressemblance avec le sergent Garcia des studios Disney) et l'acteur anglais Stanley Baker, le seul à être, avec Delon, internationalement connu. Duccio Tessari, en bon réalisateur italien spécialisé dans les Péplums et les westerns spaghettis nous offre quelques belles scènes d'actions, notament celle du duel final, qui tentent de combler les nombreux moments creux du scénario. Et il eut beaucoup de mal parait-il à coordoner tout cela. Car le tournage, qui eut lieu en Espagne à coté de Madrid,  se fit en anglais avec une équipe technique 100% italienne, sauf en ce qui concerne les cascadeurs qui était Français, Espagnols et aussi Italiens.

Une cohabitation parfois difficile, ce qui fit que le maitre d'armes Yvan Chiffre (qui jouait les doublures pour Delon sur "La Tulipe noire") eut beaucoup de mal à diriger tous ces équipes (une violente bagarre aurait parait-il opposé les cascadeurs Italiens et Espagnols à propos d'une divergence d'opinion sur le chef d'Etat d'alors, Franco...). Afin d'éviter donc toutes tensions entre les différentes parties, il répartit les "rôles" ainsi: les cascadeurs français éffectuaient les combats à l'épée, les Espagnols toutes les cascades à cheval et les Italiens se contentaient des cascades acrobatiques (chutes, bagarres et...). Ce qui n'empèchera pas un cascadeur italien de se faire piétinner (volontairement?) par un cheval espagnol... Bien que sortit en France avec une campagne publicitaire sans précédents, le film n'obtint pas vraiment le succès escompté: 1 218 320 entrées seulement. Il faut dire que la même semaine sortait "La tour infernale"...

Le film existe en DVD dans de nombreuses langues

 


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