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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 17:53
Dans le précédent opus, je vous parlais d'un film dont s'était  inspiré Jess franco en réalisant son "Maitresses du Dr Jekyll", à savoir: "Les yeux sans visages" de Georges Franju ainsi que du remake qu'il en fit en 1988 "Les prédateurs de la nuit" . Puisque nous sommes dans la série des savants fous, autant continuer et disséquons donc ensembles ces deux films...

Attention, chef d'oeuvre !!!!

Les yeux sans visage, 1960, réalisé par Georges Franju (France/Italie), avec Pierre Brasseur (docteur Génessier), Edith Scob (Christiane Généssier), Alida Valli (Louise), Juliette Mayniel (Edna Gruberg), François Guérin (Docteur Jacqueq Vernon), Alexandre Rigault (Inspeteur Parot), Béatrice Altabira (Paulette Mérodon), Claude Brasseur (inspecteur de police), Michel Etcheverry (Docteur Lherminioer, médecin légiste). Responsable d'un terrible accident d'auto duquel sa fille, Christiane, est sortie complètement défigurée, le docteur Généssier, célèbre chirurgien esthétique, n'a plus qu'une seule idée en tête: redonner à sa fille adorée un beau visage tout neuf. Aidée par son infirmière et maitresse, la fidèle Louise, il kidnappe dans Paris de ravissantes jeunes filles à qui il ote la peau du visage le soir dans la cave de sa clinique dans le fol espoir qu'une greffe réussira sur le visage de la sienne. De névrose en nécrose, la pauvre Christiane, dont le cerveau semble lui aussi atteint, téléphone en cachette à Jacques, l'assistant de son père (et aussi son fiancé), dont elle murmure amoureusement le nom. Réalisant que celle-ci n'est pas morte, comme l'a prétendu son père dernièrement à la morgue ou il a formellement reconnu un cadavre comme étant celui de Christiane (en fait celui de sa dernière victime, une étudiante), Jacques prévient la police qui tent un piège au médecin en utilisant comme appat une jeune femme ressemblant à Christiane. Pris au piège,le professeur tente de fuir mais sera égorgé par ses propres chiens, que sa fille a libéré après avoir tué Louise...


 Souvent imité (la preuve,  les films de Jésus Franco entre autre) mais jamais égalé, ce petit bijou de Georges Franju reste le n°1 des "films d'horreur" Français - voir du monde entier..! Force en tout cas est de constater qu'après un demi sciècle de surenchère d'hémoglobine au cinéma, ce film n'a pas pris une ride (et pas seulement à cause du fait qu'il parle de la chirurgie esthétique...). Gràce à un délicat mélange de poésie (les moments ou apparait à l'écran le personnage d'Edith Scobb sont magiques, certains plans font penser à  Cocteau) et d'horreur pure (sublimée par une noir et blanc d'Eugen Shufftan qui fait penser au chefs d'oeuvres expressionistes allemands), le film de Franju baigne dans une ambiance envoutante et oppressante. Franju se définissait d'ailleur comme un metteur en scène de l'insolite, plus proche des pères du roman-feuilleton du XIXème siècle (comme Pierre Ponson du Terrail -inventeur de "Rocambole" ou de Eugène Sue -"Les mysteres de Paris) et de Louis Feuillade (la série des "Fantomas" qui l'inspirèrent plus d'une fois ) que des cinéastes de films d'horreur du genre Terence Fisher ou James Whale. Porté par un scénario hors pair de Claude Sautet (celui des "Choses de la vie"), de sublimes dialogues de Boileau Narcejac ("les diaboliques") Pierre Brasseur en Prométhé moderne, aveuglé par un désir fou de réparer une faute (la laideur de son unique enfant suite à un accident) et ce au mépris de la vie même, trouve là le rôle qui marquera la consecration d'une longue carrière d'acteur doué pour le meilleur et pour le pire. Alida Valli le seconde admirablement dans le rôle de la maitresse asistante qui voue à celui qui jadis l'a aidée à se reconstruire (Brasseur lui avait rendu jadis  la beauté de son visage, lui aussi défiguré). Mais C'est sans nul doute d'Edith Scob dont on se souvient le plus en parlant de cefilm, Edith Scob dont seuls les yeux, sous un masque lisse et blanc dénué de toute expression, réussissent à parler et à exprimer toute l'horreur qu'elle porte en elle fàce aux semblants et faux-semblants qui l'entoure. La dernière scène du film, absolument onirique, ou elle s'éloigne (après avoir tué père et "mère" (Alida Valli), vers le fond du parc de la clinique, avec pour seule compagne une blanche colombe restera longtemps encore gravé dans les mémoires.

Attention, navet !!!! 
 
Les prédateurs de la nuit, (Los Depredadores de la noche), 1988, réalisé par Jésus Franco (France/Espagne) avec Helmut Berger (Docteur Frank Flamand), Brigitte Lahaie (Nathalie), Christopher Mitchum (Sam Morgan), Stéphane Audran (madame Sherman), Caroline Munroe (Barbara Hallen) Telly Savallas (Terry Hallen), Christiane Jean (Ingrid Flamand), Anton Driffin (Docteur Karl Heinz Moser), Howard Vernon (Docteur Orloff), Henri Poirier (Inspecteur Legros), Florence Guérin (elle même), Marcel Philippot (Maxence). Alors qu'il rentrait d'une journée de shopping avec Nathalie, sa maitresse et Ingrid (sa soeur à lui, mais aussi sa maitresse à elle), le docteur Frank Flamand, chirurgien esthétique renommé, est pris à parti par une ancienne de ses patientes qui lui reproche d'avoir raté son 50è lifting. Pour se venger, elle lui jette un flacon de vitriol (au départ on croit que c'est un flacon de ses urines, mais non, c'est bien du vitriol...) au visage, mais comme elle est vieille et qu'elle tremble, c'est Ingrid- qui  jouait déja la fille d'à coté-  qui se prend tout dans la tronche. Voila donc la pauvrette complètement défigurée. Quçà cela ne tienne, le bon docteur Flamand - qui kidnappait déja des jeunes filles dans Paris pour prélever leur sang et leur moelle épinière afin de réinjecter tout cela "in corpus" à de riches vieilles rombières- décide de kidnapper cette fois-ci une jeune top-model , la belle Barbara, afin de redonner à sa soeur un visage à peu près potable. Hélas pour lui, son vialin valet de pied ammoche le mannequin en essayant de la violer. Qu'à cela ne tienne, il en re-kidnappe une autre, puis, grace à une vieille connaissance à nous, le docteur Orloff, il rentre en contact avec un ancien médecin nazi, le dr Moser, qui jadis pratiquait la chirurgie faciale sur des cobayes humains.) Pendant ce temps, le père de Barbara, riche magnat américain, envoie par le 1er Concorde qui lui passe sous la main, un détective privé de ses amis, Sam Dit-quelque-chose, pour essayer de retrouver sa fille. C'est gràce à la montre et à la carte de crédit que Nathalie à fauché à Barbara (car en plus d'être psycopathe, nymphomane et lesbienne, elle est aussi kleptomane) que ce dernier oriente ses recherches vers la clinique du docteur Flamand...

C'était (presque) courrut d'avance tant Jésus Franco collectionne les navets, comme d'autres les boites de camemberts...Pourtant, au début, tout portait à croire que ce film aurait put être bon, à défaut d'être génial (ne révons pas, quand même !!!). Un casting internationnal: Helmut Berger, Stephane Audran, Telly Savalas, Anton Diffring. Une idée scénaristique de base qui, à défaut d'etre originale (un savant fou - de douleur - kidnappe  des jeunes femmes pour leur prélever des organes afin de rendre sa beauté à un membre de sa famille) avait déja fait ses preuves (en effet, il y avait eu plusieurs "adaptations" du sujet auparavant: "Les yeux sans visages " de Franju, en 1960, mais aussi "L"horrible Dr Orloff" (voir critique précédente), "Le moulin des suppplices" de Giorgio Ferroni en 1960 - avec Dany Carrell ou Wolfgang Preiss ponctionne le sang de ses victimes - et  "Corruption" de Robert Davies, en 1968, ou cette fois-ci c'est Peter Cushing qui enlève les demoiselles la nuit pour prélever les fluides de leur glandes afin de rendre sa beauté à sa fiancée qui, elle aussi la maladroite a eu le visage brulé pour ne citer que les plus connus).

Hélas, très vite tout semble partir en eau de boudin. Comme René Chateau est le producteur du film, c'est lui qui choisit.  1/ Jésus Franco à la réalisation. Pas forcément un choix judicieux dans la mesure ou notre bon Franco n'a réalisé jusqu'alors que des films de séries B - voir Z-  (plus de 160 en  à peine 30 ans) dont très peu (la série des Dr Orloff et la série des Fu Manchu, avec Christopher Lee) ont connu une gloire quelconque... Mais bon, comme cette fois-ci le producteur, c'est à dire René Chateau, un des plus gros producteurs de l'époque - celui de Belmondo entre autres- semble vouloir sortir le chéquier... 2/ hélas le casting dérape très vite car, aux grandes têtes d'affiches précitées - dont les carrières semblent connaitre cependant un "certain ralentissement"  et qui seront cantonnées, pour la pluspart dans des rôles mineurs- , on ajoute une brochette plus ou moins hétéroclite  de comédiens "spécialisés": Brigitte Lahaie, ex-star du X, qui tentait sans grand succès sa reconversion dans le cinéma dh'orreur intello (pas mal de films de Jean Rollin) puis  "grand public" ( "I comme Icare" d'Henri Verneuil, "Pour la peau d'un flic" d'Alain Delon, "Le Coup du parapluie" de Gérard Oury, "Henry & June" de Philip Kaufman), Caroline Munroe, ex-James-Bond girl ("L'espion qui m'aimait" 1977) et  ScreamQueen dans pas mal de films d'horreur, Chris Mitchum - qui tente en vain de suivre les traces de son père Robert-, Florence Guérin - dont l'arrière train déclencha le déclic d'un certain succès totalement éphémère, le brave Marcel Philippot (je l'aurais un jour , je l'aurais!!!) - plus deux inconnues qui connaitront le succès avec la série télévisée "les filles d'à coté" Christiane Jean et Laure Sabardin (qui elle joua dans un autre chef d'oeuvre du Z :"Police des Moeurs".)... 




3/ Comme René Chateau voulait faire, quiand même, des économies, c'est lui qui écrivit le script, sous le pseudo de Fred Castle, notez la finesse du choix: "Chateau - - Castle". Or si Chateau est un excellent producteur, je serais tenté de dire "à chacun son métier". On ne s'improvise pas scénariste et ce n'est pas parceque l'on a repirs une bonne idée que l'on peut en faire un bon scénario. Péchant, comme à son habitude, par excés de zèle, Chateau mélange, maladroitement, tous les genres: un petit coup de "Grosse Komique" par-ci, un coup d'effets gores gratuits et puant le déja-vu par là, un soupçon de mélo, un petit coup de polar, quelques longs plans de publicités déguisées (concorde, Francesco Smalto, hotel Concorde, restaurant Fouqet's et même un petit clin d'oeil au cinéma de René Chateau, le "Hollywood boulevard" au tout début du générique), bref tout cela alourdit très rapidement le rythme du film qui ne trouve pas sa vitesse de croisère. Et comme les dialogues font penser plus à une "novella" brésiliennne qu'à du Audiard...le pauvre spectateur finit très vite par se lasser, ce qui explique le flop du film au box office.
4/ je parlais des effets gores "déja vu": en effet, La scène ou Brigitte Lahaie se retrouve avec une paire de bras tranchés autours de la gorge rapelle  furieusement une scène de "Evil dead" de Sam Raimi.

La scène ou Gérard Zalcberg  embrasse la tête fraichement décapitée à la tronconneuse de Mélissa (Amélie Chevalier, dans son unique rôle au cinéma,OUF!) est piquée au 3è épisode des  "Griffes de la nuit" .

De même, le meurtre de Stéphane Audran à qui l'on plante une seringue dans l'oeil avait déja été pratiqué par une autre infirmère (en plus) dans le film de Gary Sherman "Réincarnations" ("Dead and buried") en 1981,

La mort de Laure Sabardin dont Gérard Zalcberg défonce le crane à coup de perçeuse électrique rapelle quand à lui le meurtre de la belle Deborah Shelton perpété par Gregg Henry dans "Body double" de de Palma (1984), déja remake du meurtre de Marisa Mell dans "Le tueur à l'orchidée" d'Umberto Lenzi en 1972 (voir mon blog sur le giallo).


Et bien sur, la scène de chirurgie faciale ou Berger et Anton Dreffin retire la peau du visage à Florence Guérin fait songer à la scène identique du film de Franju, "Les yeux sans visages"... 

Gardant le pire pour la fin, je n'aborderais que très rapidement ici le choix fait pour la musique, de Romano Mussumara, dont on retrouve le même morceau (il parait qu'il y en à 4, ah bon?) pres de 15 fois durant tout le film,  tellement fier de sa soupe qu'il oublie régulièrement de la mentionner dans ses "musicographies", ce qui veut tout dire!
Bon, soyons quand même un peu généreux et ne tirons pas - droit au coeur - sur l'ambulance! Rendons quand même hommage à NOTRE grande Brigitte Lahaie, qui fit de son mieux (avec les quelques miettes que son copain René Chateau voulut bien lui donner): elle est d'une part la seule qui croit à son personnage (une infirmière érotomane sadique) et qui essaye de le rendre crédible. Et croyez moi, réussir à arriver à nous faire croire qu'elle a envie de se taper Florence Guérin, dans  sa guépière mauve de chez Prisunic, il faut un sacré talent... Contrairement à Berger, Audran, Sacvalas ou Munroe qui, eux,  baillent à s'en décrocher la machoire au bout de 30 secondes de script et semblent n'être venu la uniquement que pour empocher un chèque qui leur permettra de regler un gros arrièré d'impots... On notera aussi le clin d'oeil de Jésus Franco à son "Horrible Dr Orloff" en reprenant, l'espace d'une scène ce bon vieux docteur Orloff sous les traits d'Howard Vernon (son acteur culte) ainsi que sa propre femme et actrice fétiche (Lina Romay) sous les traits de la femme d'Orloff...
 
Bref, pour résumé et faire simple, ces "Prédateurs de l'ennui" ressemble un peu à la jaquette vidéo américaine: beaucoup de monde sur l'affiche et pas grand chose au final...

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Published by djordj - dans horreur
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