Commençons en beauté cette double scéance avec au programme deux films d'épouvante espagnols. Le cinéma fantastique ibérique est un
peu le parent pauvre de la production cinématographique fantastique mondiale . N'ayant jamais engendré de compagnie de production comme la célèbre "Hammer" (Grande Bretagne), elle du se
contenter de porter en son sein quelques réalisateurs comme Eloy de la Iglésias ou Amando de Ossorio, dont les renommées internationnales, hélas, n'atteignirent jamais celles d'un Mario
Bava ou d'un Terence Fisher. Parmi ses réalisteurs, l'un d'entre eux pourtant se détachera du lot comme étant sans conteste le roi de la série B ( puis Z malheureusement), réalisant à lui tout
seul plus de 190 films (dans tous les genres mais principalement des films fantastiques). Assistant réalisateur puis metteur en scène, musicien et
génial touche-à-tout, Jésus Franco (connu aussi sous les pseudonnymes suivant: Joan Almirall, Rosa Maria Almirall, Rosa María Almirall, Clifford Brawn, Clifford Brown
Jr., Clifford Brown, Juan G. Cabral, Betty Carter, Candy Coster , Terry De Corsia, Rick Deconinck, Raymond Dubois, Chuck Evans, Toni Falt
, Dennis Farnon , Jess Franck, Adolf M. Frank, Anton Martin Frank, Jeff Frank , Wolfgang Frank, Jesse Franco, James Gardner, Manfred Gregor, Jack
Griffin, Robert Griffin, Lennie Hayden, Frank Hollmann, Frarik Hollmann, Rick Deconinck, B.F. Johnson, James Lee Johnson, James P. Johnson, David Khune,Lulu Laverne
, Jésus Franco Manera, Jeff Manner, Roland Marceignac, A.L. Mariaux; John O'Hara, Cole Polly , Preston Quaid, Dan Simon, Dave Tough, Pablo
Villa, Joan Vincent ou encore Robert Zinnermann) connaitra (presque) immédiatement le succès en réalisant ce qui est considéré comme l'un, si ce n'est LE premier film
fantastique espagnol "Gritos en la noche" connut en france sous le titre: " L'Horrible Docteur Orloff", qui se veut un hommage aux films
dits "gothiques" qui triomphait alors au début des années 60 dans les salles de quartier, (films anglais de la Hammer ou italiens pour la pluspart).
L'Horrible docteur Orloff (Gritos en la noche), 1962, réalisé par Jess Franco (Espagne), avec Howard Vernon (Docteur Orloff), Conrado San Martin
(Inspecteur Tanner), Diana Lorys (Wanda Bronsky), Perla Cristal (Arne), Maria Silva (Dany), Ricardo Valle (Morpho), Marsa Laso (Irma Gold),Venancio Muro (Jean Rousseau), Félix Dafauce
(L’inspecteur de police) , Manuel Vazquez (Klemp). A la fin du siècle dernier, dans une petite ville d'Italie, des jeunes femmes disparaissent mystérieusement. L'Inspecteur Tauner, aidée
de sa fiancée Wanda, découvre bientôt qu'un certain Docteur Orlof, rayé pour d'obscures raisons de l'ordre des médecins mais toujours dangereux maniaque du bistouri, serait peut-être à
l'origine de toutes ces disparitions. En effet, ce dernier, assisté de deux forçats évadés, kidnappe et séquestre dans son chateaux ces malheureuses jeunes femmes sur lesquelles, il prélève des
morceaux de peau qu'il essaie ensuite de greffer sur sa fille Mélissa, defigurée lors d' un accident. Sans bien sûr jamais y réussir. Pour pouvoir arréter le docteur en
flagrant délire, Tauner décide d'utiliser sa fiancée comme appat...
Pour ce premier film d’épouvante, Jésus Franco est allé tout bonnement puiser son inpiration du côté de Georges Franju (qui ne cessera d'ailleurs de
l'inspirer), son "Horrible Docteur Orloff" étant une sorte de remake des "Yeux sans visages" sortit peu de temps auparavant en France. Howard Vernon (un des acteurs
fétiches de Franco) reprend à peu de choses près le rôle de Pierre Brasseur, celui d'un ancien chirurgien qui cherche à redonner visage humain à sa fille, défigurée lors d'un
incendie dans son propre laboratoire, n'hésitant pas à prélever sur d'autres jeunes femmes qu'il a enlevé, la peau de leurs visages.
Mais comme Jésus Franco aime l'horrible et le morbide il adjoint à celle qui remplace Alida Valli (qui jouait aussi l'assistante et la maitresse du savant) le sosie du monstre
de Frankenstein qui se serait échappé des studios de la Hammer(à peu de choses près, celui joué par Christopher Lee).
Cet ancien tueur psychopathe, mort puis "ressuscité » par les soins du bon docteur Orloff, lui fait office désormais de valet de pied et l'aide à
kidnapper les pauvres malheureuses qui lui serviront de cobaye, a les tuer en les mordant au cou (comme Dracula?) puis à les enfourner dans un cercueil, et les trimbaler dans une
vieille cariole jusqu'à son lugubre chateau (on s'éloigne de la clinique privée de Pierre Brasseur pour se rapprocher du chateau du Comte Dracula). Pour bien nous faire pénétrer dans
l'atmosphère lugubre et fantastique de l'histoire, Jésus Franco à fait appel au chef opérateur Godofredo Pacheco qui illumine l'écran gràce à sa magnifique photographie noir et blanc, qui fait
penser souvent aux films expressionistes allemands. Pour pimenter le tout, Franco rajoute un soupçon d'érotisme (on entrevoit une poitrine dénudée) et d'horreur (la malheureuse est
découpée vivvante (on apperçoit sa poitrine se soulever alors que Howard Vernon est en train de l'éventrer avec son scalpel). Rien de bien méchant mais souvenez vous que l'Espagne
subissait alors le joug d'une censure (hyper)catholique due au régume Franquiste.
"L'horrible docteur Orloff" restera une des pièces maitresses du cinéma de Jess Franco, qui n'atteindra jamais plus une telle maitrise ni dans ses scénariis, ni dans ses réalisations. J'en veux
pour preuve son insipide remake plus de trente ans apres: "Les prédateurs de la nuit" qui, s'il surpasse en effets saignants ses ainés ("Les yeux sans visage" et "L'horrible docteur Orloff") est
loin cependant de les égaler malgré son casting d'enfer (Christopher Mitchum, Telly Savalas, Helmut Berger, Stephane Audran, Caroline Munroe et Brigitte Lahaie)...
Mais son cinéma reste cependant très intéressant, ne serait-ce que par la richesse la multiplicité de ses oeuvres...
"L'horrible Docteur Orloff"
est sortit en DVD
Le second film de Jess Franco se nomme quand à lui (dans sa version originale) "El secreto del Dr Orloff" mais n'a pas grand chose à voir avec le
héros du film précédent si ce n'est qu'il est encore question de jeunes filles kidnapées et tuées. Mais cette fois-ci, le docteur Orloff (ou son descendant?) n'est pas forcément dans le
coup...
Les maitresses du Dr Jekyll (El Secreto del Dr. Orloff), 1964, réalisé par Jesus Franco (alias Jess Frank) avec: Hugo White (Andros), Marcelo Arroita Jauregui (docteur Jekyll), Agnès
Spaak (Melissa), Perla Cristal (Rosa), José Rubio (Juna Manuel), Pastor Serrador (inspecteur Klein), Luisa Sala (Ingrid Jekyll), Manuel Guitan (Ciceron). Le docteur Conrad Jekyll a tué
son frère Andros qu'il soupçonnait d'entretenir des relations adulterines avec sa femme. Mais il a bien pris soin de conserver intact son corps plutot que de l'enterrer. Il a en effet la secrete
intention de redonner vie à son frère, et ce gràce à une invention que lui a légué , sur son lit de mort, son confrère, le professeur Orloff. Avec cette machine, il transforme son frère
en une veritable machine à tuer, chargée d'assassiner ses maitresses (de vulgaires artistes de cabaret) dont il cherchait depuis quelques temps à se débarasser. L'arrivée de sa nièce Melissa (la
propre fille de son frère) va perturber ses projets et reveiller chez son "monstre" des sentiments humains.
"
A mi chemin entre "Frankenstein" (de Marry Shelley)et " le Cabinet du docteur Cagliari" (le célèbre film expressioniste allemand de 1920 de Robert Wiene), ce
film de Jess Franco aurait pu faire une très bonne série B si il ne péchait pas par sa lenteur et son "manque d'originalité". Le fameux docteur Jekyll dont il est question ici n'a rien
à voir avec le héros de Robert Louis Stevenson. D'ailleurs, dans la version espagnole, notre docteur s'appelle Fisherman, c'est dire si les producteurs français ne reculent devant rien pour
vendre leur marchandise... Plus docteur Frankenstein donc que mister Jekyll, ce brave docteur réssucite donc d'entre les morts son pauvre frère qu'il
avait tué quelques temps auparavant et, gràce à une machine à ultra sons l'oblige à étrangler ses maitresses qu'il trouve à la longue vulgaires (il n'a pas tort) et chères à entretenir.
Afin que sa "créature" ne se trompe pas de victime, il offre à chacune d'entre elle le même collier (un serpent noué) qui guide les ultra sons. Cela rappelle donc le film de Murneau "Le
cabinet du docteur Cagliairi" ou déja un savant fou se servait de quelqu'un qu'il avait hypnotiser comme machine à tuer. L'idée de tourner en noir et blanc reforce d'ailleurs ce sentiment ( la
magnifique photographie en noir et blanc est due au travail d'Alphonse Nieve) ainsi que le maquillage blafard de l'acteur jouant Andros, qui n'est pas sans rapeller physiquement le pauvre Alan du
film de Robert Wiene.
Hélas le film ne trouve pas sa vitesse de croisière. Jess Franco nous gave (dans tous les sens du terme) avec plusieurs numéros de cabaret rébarbatifs. Si mauvais que l'on
comprend d'ailleurs pourquoi leurs artistes sont supprimées aussitôt après...! L'arrivée, impromptue, de la nièce du savant (Agnès Spaak) ne fait que compliquer les choses. Comme elle est la
fille du fameux frère mort (on ne comprend pas bien comment elle a été élevée si loin de son oncle, qu'elle n'a jamais connue puisque le frère (son père, qu'elle n'a jamais connue d'ailleurs non
plus... mais qu'est ce qu'elle connait alors?) est mort au chateau de son oncle. Son père (qui normalement est mort) la reconnait de suite lui par contre (alors qu'elle devait etre tout bébé
quand il mourrut puisque la tante, donc sa maitresse dit à sa fille, -à lui, donc sa nièce -à elle, qu'elle à connu sa mère, à la nièce- donc la femme du frère - il y a tres très longtemps
déja!). Mais bon, on n'en est pas à une erreur scénaristique près, ainsi par exemple quand la première victime se fait etrangler, elle porte au cou un collier qui ne ressemble pas du tout à ceux
qu'offrent le docteur Jekyll à ses maitresses, et pourtant l'adjoint de l'inspecteur de police (étrange personnage lui aussi) affirme à ce dernier que toutes les victimes portaient le même
collier. De même, le docteur Orloff, qui est censé etre mourrant au début du film se retrouve bien vivant vers le milieu du même film et comprend à quoi son invention a bien pu servir et avertit
la police anonymenent par telephone (mais nous on l'a reconnu!)... Mais ne jettons pas le bébé ave l'eau du bain (ce serait trop horrible!!!) Ce film possède quand même une certaine poésie qui
fait qu'il n'est pas entièrement raté ainsi que quelques très belles scènes:Celle ou le docteur Jekyll retrouve Andros errant la nuit dans les couloirs de son chateau (les deux personnages sont
éclairés par le seul chadelier que tient Jekylll) et la scène, bien que très courte est fort belle. Celle ou Andros, toujours la nuit, porte la 4è victime dans ses bras avant de la jeter
dans le canal (qui rapelle aussi une scène du "Judex" de franju - 1963) .
Il est à noter que dans les deux films, les deux "machines à tuer" se ressemblent énormément et font, toutes deux références au cinéma expressioniste allemand. De même, le docteur Jeyll et le
docteur Orloff, pour s'attirer les bonnes gràces de leurs infortunées compagnes, leurs offre de magnifiques colliers... Encore deux qui connaissent bien les femmes et leurs petites
faiblesses....
Le film existe en DVD
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